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62% des MSN sont actuellement due au tabagisme des parent ! Les campagnes d’information et de recommandations ont eu un impact certain sur les conditions de couchage mais non au niveau du tabagisme. Changer ce type de comportement est plus difficile que de changer la position de sommeil du nourrisson. Actuellement, environ 25 à 30 % des femmes enceintes fument, fument régulièrement et certaines, beaucoup (> ou = 10 cigarettes/jour). Une étude anglaise (Blair et Fleming) a montré, chiffres à l’appui, que suite à la campagne de recommandations, il n’existe plus actuellement qu’un petit nombre d’enfants dormant sur le ventre, mais, par contre, le tabagisme maternel est devenu le facteur de risque principal (comptant pour 62 % des décès). Selon de nombreuses études épidémiologiques, le tabagisme maternel est considéré actuellement comme le facteur de risque principal de MSN. Les mécanismes sont actuellement mieux connus : le fœtus est exposé aux dérivés du tabac fumés par la mère, par passage transplacentaire non seulement de la nicotine et de goudrons mais également de nombreux toxiques qui se concentrent dans le fœtus. Les mécanismes incluent notamment une hypoxie fœtale induisant des perturbations du développement cérébral et de la maturation des neurones, ce qui peut entraîner des altérations des contrôles cardio-respiratoires et des mécanismes d’éveils. L’effet est lié à la dose, c’est-à-dire au nombre de cigarettes fumées. Le tabagisme constitue un facteur de risque indirect en entraînant un risque d’accouchement prématuré et d’enfants de petit poids. Le tabagisme dans l’environnement de la femme enceinte entraîne également l’inhalation de produits toxiques chez la mère avec le même effet pour le fœtus. Enfin le tabagisme passif entraîne chez le nourrisson aussi, l’inhalation de produits toxiques pouvant le sensibiliser aux affections respiratoires, à l’asthme et aux épisodes fébriles, facteurs additionnels augmentant le risque de MSN. Geneviève François Pédiatre au
Service de pédiatrie générale, troubles du sommeil, département de pédiatrie Pour 24 bébés décédés de mort subite, 15 de ces enfants avaient été exposés à la fumée de cigarettes peu avant leur décès , dont 7 massivement ! Après la naissance, le tabagisme passif concerne l’exposition de l’enfant à la fumée dégagée par le cône incandescent de la cigarette entre les bouffées inhalées par le fumeur (le courant secondaire) ainsi qu’à la fumée rejetée par le fumeur (courant tertiaire). Le courant secondaire est qualitativement différent du courant primaire inhalé par le fumeur actif, car s’il contient la même concentration de nicotine, il contient 3 fois plus de CO (réduisant l’oxygène disponible), 7 fois plus de benzène, 70 fois plus de nitrosamines et 100 fois plus d’ammoniac (irritants) que la fumée primaire[1, 2]. Avant l’âge de deux ans Le tabagisme environnemental est un facteur de risque de mort subite du nourrisson Le risque de mort subite lié au tabagisme environnemental post-natal est dose-dépendant, augmentant avec le nombre de cigarettes fumées dans l’environnement [3]. Une équipe suédoise a étudié l ’exposition récente en dosant la concen-tration de nicotine et de cotinine dans le liquide péricardique obtenu à l’autopsie de 24 bébés décédés de mort subite. Soixante-dix pour cents de ces enfants avaient été exposés à la fumée de cigarettes peu avant leur décès, dont la moitié de façon intense (cotinine 10-50 ng/ml et > 50 ng/ml) [4]. L’allaitement maternel semble protéger le nourrisson du risque de mort subite dans un milieu non-fumeur. Cette protection n’existe pas en milieu fumeur, d’autant plus si c’est la maman qui fume [5]. Le tabagisme passif augmente le risque d’infections bronchiques et/ou pulmonaires Les très nombreuses études prospectives et transversales menées dans ce domaine sont unanimes : l’enfant de moins de deux ans exposé à la fumée de cigarettes de sa mère ou de ses parents est soumis à un risque deux à trois fois plus important qu’un enfant de non-fumeurs de souffrir de bronchites, de bronchiolites, de pneumonies [6-10]. Il a aussi deux à trois fois plus de «chances» d’être hospitalisé pour ces maladies [11]. Ces risques sont directement dose-dépendants : le nombre de cigarettes fumées par les parents à la maison augmente le risque de façon quasi-linéaire. Le tabagisme maternel durant la grossesse et le tabagisme de la mère, et/ou du père ou des deux parents apparaissent comme des facteurs de risque distincts, qui peuvent s’ additionner. Le tabagisme passif augmente le risque d’asthme du nourrisson Le risque de développer de l’asthme durant la première année de vie double ou triple suivant les études si la maman fume. Il s’agit aussi d’un effet dose-dépendant [12]. Après l’âge de deux ans Fréquence accrue d’infections bronchiques et/ ou pulmonaires De nombreuses études prospectives ou transversales démontrent une fréquence accrue de bronchites [13] chez les enfants de mère fumeuse. De plus, ces enfants sont hospitalisés plus fréquemment pour infection bronchopulmonaire que les enfants non exposés à la fumée de cigarettes [14]. Un effet dose-réponse est également rapporté entre le nombre de cigarettes et la fréquence de la symptomatologie [15]. Risque d’asthme plus élevé De nombreuses études prospectives ou transversales ont démontré un risque d’asthme plus élevé parmi les enfants de fumeurs et en particulier de mère fumeuse [13, 16]; il s’agit d’un effet dose-dépendant. Au sein d’un groupe de patients qui avaient présenté une bronchiolite à virus respiratoire syncytial (RSV) avant l’âge d’un an, seul le tabagisme de la maman permettait de prédire ceux qui auraient de l’asthme à l’âge de 13 ans [17]. Augmentation du risque d’otites moyennes Plusieurs études menées sur des enfants admis pour pose de drains transtympaniques, ou démontrant un tympanogramme plat montrent une relation entre tabagisme parental et otite séro-muqueuse. De plus, une équipe écossaise a démontré une relation dose-réponse entre les concentrations de cotinine salivaire mesurées chez 736 enfants de 6-7 ans et l’existence d’un tympanogramme plat [18]. Fonction respiratoire de l’enfant et tabagisme passif Les enfants exposés à la fumée de cigarettes de leurs parents ont aussi une fonction respiratoire très discrètement plus obstructive. Leurs paramètres fonctionnels respiratoires, principalement le VEMS et le DEM 25-75 sont significativement inférieurs à ceux de leurs contemporains non exposés à la fumée de cigarettes [19]. La croissance pulmonaire reflétée par la croissance des paramètres fonctionnels est ralentie chez les enfants de mère fumeuse de façon proportionnelle au nombre de paquets fumés par jour [20]. Quels effets sur la santé de l’enfant asthmatique ou atteint de mucoviscidose? Aggravation des manifestations cliniques L’exposition à la fumée de cigarettes aggrave l’asthme. C’est la conclusion de plusieurs études qui ont montré que les enfants asthmatiques «fumeurs passifs» étaient plus souvent admis en salle d’urgence, avaient des scores de symptômes plus sévères et consommaient plus de médicaments broncho-dilatateurs que les enfants asthmatiques de parents non fumeurs [21-23]. Atteinte fonctionnelle respiratoire Les 415 enfants asthmatiques étudiés par Murray et al. avaient un VEMS significativement inférieur si leur mère était fumeuse (77.3% des valeurs prédites, versus 84.4%, p=0.01) [23]. Les tests d’hyperréactivité bronchique à l’histamine démontraient une hyperréactivité plus importante (p=0.01) chez les enfants asthmatiques de mère fumeuse [23]. Chez des enfants atteints de mucoviscidose, les valeurs de VEMS sont significativement plus basses chez les enfants de parents fumeurs [24]. En conclusion, le tabagisme environnemental expose l’enfant à des risques accrus de mort subite du nourrisson, de maladies bronchopulmonaires, d’asthme, d’otites moyennes. Cette exposition survient souvent après un tabagisme in utero dont elle augmente alors les effets. L’exposition au tabagisme environnemental ralentit la croissance fonctionnelle pulmonaire de l’enfant. Les enfants atteints de pathologie respiratoire chronique (asthme, mucoviscidose) souffrent davantage d’exacerba-tions, sont plus souvent hospitalisés s’ils sont exposés au tabagisme environnemental. Leurs paramètres fonctionnels respiratoires sont aussi plus obstructifs.Véronique Godding (1) Pneumo-Pédiatre et
Tabacologue, Avenue Hippocrate, 10, B-1200 Bruxelles.
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